Discours 2013

Inauguration du nouvel hôtel de ville de Périgueux

 
 

29 juin 2013

L’inauguration de l’hôtel de ville est un rendez-vous important pour une cité.

Votre présence nombreuse autour du maire de Périgueux à l’occasion de cet évènement est la preuve que l’hôtel de ville est un édifice emblématique qui identifie la ville et fait la fierté des habitants.

Je me souviens pour ma part de toutes les mairies des nombreuses villes dans lesquelles j’ai séjourné.

Je salue les représentants de vos villes sœurs, le maire d’Amberg et l’adjoint au maire de Strasbourg, qui ont souhaité partager ce moment avec les Périgourdins.

Inaugurer un hôtel de ville, qui plus est dans le chef-lieu du département, est un plaisir rare pour un préfet.

Je tiens donc à vous témoigner mon plaisir d’être à vos côtés, M. le Maire, pour célébrer cet évènement dans ce superbe bâtiment rénové.

Je vous remercie de votre invitation et souhaite en premier lieu vous complimenter, vous et votre Conseil municipal.

Le premier plaisir est évidemment esthétique : la nouvelle mairie est magnifique.

Mais cette satisfaction va bien sûr au-delà du seul intérêt pour les belles demeures.

C’est tout d’abord une joie pour le représentant de l’Etat de voir que cette opération de rénovation de l’ancien bâtiment de la CCIChambres de commerce et d'industrie permet d’accueillir dans des conditions améliorées les Périgourdins.

L’ancien hôtel de ville bénéficiait d’un emplacement historique au cœur de la cité.

Je sais qu’il n’a pas été facile de quitter ces lieux pour s’installer dans de nouveaux locaux.

Mais il s’agissait d’offrir aux citoyens de la ville la plus vaste du département un lieu d’accueil amélioré par rapport à l’ancien hôtel de ville qui ne correspondait plus aux attentes en termes d’accessibilité et de fonctionnalité.

Dans ces nouveaux locaux, les services municipaux sont apportés aux habitants dans de bien meilleures conditions.

J’apprécie en particulier l’effort qui a été accompli pour faciliter l’accueil des personnes en situation de handicap pour lesquelles nous avons le devoir de tout faire pour faciliter l’accès aux services publics.

Le déplacement de l’hôtel de ville est aussi l’occasion de mettre en valeur le patrimoine de la ville.

Périgueux possède beaucoup de belles demeures et je suis toujours heureux de constater les efforts de la collectivité pour conserver et mettre en valeur ces richesses.

Je salue donc cet exemple de valorisation du patrimoine bâti à un emplacement stratégique au cœur de la ville.

En l’affectant aux fonctions municipales, il reste dans le bien commun des Périgourdins.

Au-delà de l’installation des services municipaux dans ce bâtiment, je souhaiterais revenir sur le rôle essentiel de l’hôtel de ville, de la mairie, au cœur de notre démocratie et de la vie quotidienne de nos concitoyens.

Siège d’institution, lieu de pouvoir, l’hôtel de ville est aussi et surtout, je le disais au début de mon intervention, un lieu symbolique.

Sous l’ancien régime, la mairie témoigne de l’émergence du pouvoir municipal face au pouvoir royal ou seigneurial en devenant le siège des échevins ou des consuls. On parle alors de maison commune.

Si la préfecture est la maison de l’Etat, les termes de « maison commune »  pour une mairie sont toujours d’actualité.

La mairie est intimement et indéfectiblement liée à la vie quotidienne du citoyen.

C’est le lieu de proximité où l’on vient demander conseil… et parfois se plaindre auprès du maire.

C’est le lieu des jours de joie, quand on y déclare une naissance ou qu’on y célèbre un mariage.

C’est le lieu des jours de peine quand on vient y déclarer la perte d’un être cher.

C’est le lieu civique où se construit notre identité de citoyen, notamment lors de la participation au vote.

C’est le lieu de l’émergence des initiatives locales lors des séances du conseil municipal.

C’est le lieu des services de proximité par excellence, dans lequel les citoyens, les habitants veulent effectuer la majorité de leurs démarches administratives, et cette demande va croissant.

L’hôtel de ville est aussi et enfin le lieu de la mémoire communale, je pense à la mémoire de la gestion du sol avec le cadastre, à la mémoire de la gestion municipale avec les archives et à la mémoire de la vie de tous avec l’état-civil.

Hôtel de ville, maison commune, maison-foyer, mairie, telles ont été ou sont encore les dénominations utilisées pour nommer ce lieu de l’institution municipale.

Peu importe au final, pourvu que ce bâtiment soit avant tout le garant de l’égalité d’accès au service public de proximité, qu’il assure le bien-être de nos concitoyens et qu’il permette de bien vivre ensemble.

L’hôtel de ville, Mesdames et Messieurs, représente le peuple assemblé par la volonté démocratique. Il nous rappelle à tous les grands évènements de la cité comme de la Nation.

N’est ce pas des marches d’un hôtel de ville, celui de Paris, que Lamartine a fait adopter le 25 février 1848 nos trois couleurs républicaines en proclamant que « le drapeau tricolore a fait le tour du monde avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie » !

N’est ce pas du balcon d’un hôtel de ville, toujours celui de Paris, que le Général de Gaulle a célébré en août 1944 la libération du territoire et redonné aux Français, dignité et fierté nationale !

Oui, je le répète, l’hôtel de ville est intimement lié à nos vies, il est imbriqué à nos existences.

Permettez-moi, Mesdames et Messieurs, de conclure par un hommage sincère et mérité aux élus locaux et en particulier aux maires, au premier rang desquels bien sûr le maire de Périgueux.

Ce sont eux les nouveaux « hussards de la République » qui incarnent chaque jour la mise en œuvre de nos valeurs.

Grâce à votre engagement et à votre disponibilité, vous constituez souvent, Mesdames et Messieurs les Maires, le premier recours et le dernier rempart d’une société qui oscille entre mondialisation et repli sur soi.

En ma qualité de Préfet de la Dordogne, je sais combien la charge de maire implique l’acceptation de sacrifices pour le service des autres.

Mesdames et Messieurs, les fonctions d’un maire sont à la fois complexes, exigeantes et passionnantes.

Le maire est responsable de tout dans sa commune. Il est à la fois président du conseil municipal, exécutif local, autorité administrative et agent de l’Etat.

Encore, ne s’agit-il là que de ses rôles institutionnels !

Car vous savez tous ici que le maire fait plus : il concilie, il arbitre les conflits, il conseille, il informe les usagers, il oriente les porteurs de projets.

Pas un jour sans que le maire ne soit interpellé sur les difficultés rencontrées par tel ou tel administré.

Les administrés disent à leur maire : on voudrait ceci, on voudrait cela, et le maire leur répond souvent : « je fais du mieux possible », car il y a nécessité pour lui de concilier résultats à court terme et politique structurante pour l’avenir du territoire.

Premier interlocuteur de nos concitoyens, le maire est le garant du lien social et de la solidarité, il est aussi l’acteur de la vitalité de son territoire : il doit défendre tous les jours, pied à pied, ces valeurs auxquelles nous aspirons tous : le service des autres, l’écoute, la transparence, le courage.

Voilà les convictions que je souhaiterais partager avec vous en cette fin d’après-midi.

Mesdames et Messieurs, il me semble que le nouveau bâtiment que nous inaugurons aujourd’hui fait la synthèse de tous les éléments que je viens de rappeler : adaptation de la vie municipale aux conditions modernes des services publics, respect et valorisation du patrimoine communal, expression des traditions démocratiques, renforcement de la cohésion sociale.

Je souhaite qu’il soit rapidement adopté par tous les Périgourdins et qu’il devienne un élément de fierté supplémentaire de cette belle ville à laquelle je suis particulièrement attaché.

Je vous remercie de votre attention.