Discours 2013

11 novembre 2013 - Commémoration de l’Armistice du 11 Novembre 1918, de la Victoire et de la Paix Hommage à tous les Morts pour la France

 
 

Seul le prononcé fait foi.

Le 11 Novembre est une date dont l’identification n’exige l’adjonction d’aucun millésime.

Dans la mémoire du peuple français, elle a pris place dans la série des quelques journées historiques qui ont constitué l’identité de la France.

Sans doute, avec le 14 juillet, est-elle la plus emblématique.

Le 11 Novembre fut d’abord un grand moment d’unité nationale : le canon dont le grondement annonce à la France l’arrêt des combats fait pendant au tocsin d’août 1914.

Mais entre ces deux moments, que d’horreurs, que de sacrifices, que de désillusions !

En ce 11 novembre 1918, domine le soulagement que s’arrête enfin cette tuerie dont la fin était différée d’année en année : l’avant et l’arrière communient dans la même explosion de joie qui, à la même heure, éclate dans les tranchées et rassemble les foules à Paris, à Périgueux et jusque dans les plus petits villages de France.

Pour ceux qu’on appelle les « Poilus » et dont la désignation oublieuse du sens originel est devenue synonyme de bravoure, c’est la fin de l’angoisse de tous les instants, de la confrontation quotidienne avec la mort, la sienne ou celle de ses camarades.

Pour les autres, les civils, c’est la fin de l’attente anxieuse des nouvelles, de l’heure du courrier, de l’affichage du communiqué : ils cessent de craindre à chaque minute pour un mari, un fils, un frère, un fiancé.

L’exultation qui se donne libre cours est aussi faite de fierté : l’Armistice scelle la victoire, et la date du 11 novembre figurera désormais au calendrier avec l’une ou l’autre mention : Armistice, Victoire.

Ce jour-là, l’ensemble de la France se recueille dans l’hommage à la ténacité du fantassin, l’endurance du paysan, à la cohésion de tout un peuple qui sort victorieux de la plus dure et la plus longue épreuve de son histoire.

Mais le souvenir des disparus est et restera inséparable de la victoire.

Nul doute qu’après le soulagement de cette victoire, des millions de français gardent et garderont le cœur serré.

Chaque année depuis 1918, la Nation célèbre, l’automne venu, ce culte rendu aux morts de la Grande guerre et revit cet ensemble de sentiments et d’émotions, toile de fond sur laquelle s’inscrit notre conscience nationale.

Mesdames et Messieurs, nous venons de nous recueillir avec émotion devant le monument aux morts en mémoire des soldats de la guerre 14-18 et aussi en mémoire de nos soldats tombés au Mali au cours de cette année 2013.

Je veux vous remercier de vous être mobilisés à l’occasion de cette cérémonie du souvenir et vous dire le plaisir que j’ai, comme chaque année, à vous recevoir en préfecture.

Je salue le Capitaine AUGE et ses jeunes du détachement du service militaire adapté qui se sont associés à Mesdames ROUGIER et JEANICOT et à M. COUTIERAS au sein du réseau des collecteurs du Bleuet de France.

C’est un symbole important qui nous rappelle qu’en ces heures terribles, seules deux fleurs poussaient encore sur les champs de bataille : le bleuet et le coquelicot.

Messieurs les Présidents d’associations d’anciens combattants, nous avons besoin de votre sagesse et de votre enthousiasme.

Continuez de prendre des initiatives en direction des jeunes pour les associer davantage aux manifestations patriotiques, comme vous l’avez fait aujourd’hui avec les élèves du collège de la Roche Beaulieu.

Je les salue et les remercie chaleureusement pour leur implication, avec leur principal, Monsieur Henri LACROZE, et leurs professeurs, Madame BOUZINAC, Monsieur VEYRET et M. DUFREIX.

Tout comme je salue les jeunes du Conseil local de la jeunesse de la ville de Périgueux pour leur geste symbolique en hommage à tous les morts pour la France.

Ensemble, nous devons promouvoir un esprit de paix, en rejetant toute forme d’intolérance et d’exclusion.

Le chemin est rude, car l’histoire contemporaine nous a prouvé combien est difficile l’acquisition du respect des droits et des libertés de l’autre, et surtout du respect des obligations qui incombent à tout citoyen d’un Etat démocratique.

Victor HUGO écrivait : « Il faut allumer les grandes dates comme on allume les flambeaux ».

Il nous appartient d’entretenir celui du 11 Novembre en rattachant cette date au souvenir de la Grande guerre et en étant conscient qu’avec la disparition des derniers poilus, cette guerre a quitté l’histoire contemporaine pour s’inscrire dans l’Histoire de France.

En lançant les célébrations du Centenaire de la Première guerre mondiale, le Président de la République a rappelé que ces commémorations nous obligent à faire avancer la France, à construire l’Europe et à préserver la paix.

Tel est le message du Centenaire que nous nous engageons aujourd’hui à porter ensemble.

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