Discours 2013

Cérémonie des voeux aux corps constitués

 
 
Voeux 2013 Corps constitués

Vendredi 11 janvier 2013

Allocution prononcée par M. Jacques BILLANT, Préfet de la Dordogne, à l’occasion des vœux aux personnalités Vendredi 11 janvier 2013

Je suis heureux de vous accueillir, avec mon épouse, avec le Président du Conseil Général et Madame GOMARD, sa compagne, et de vous souhaiter la bienvenue dans votre préfecture, pour notre deuxième cérémonie commune des vœux aux acteurs de la vie politique, administrative, judiciaire, religieuse, économique, sociale et associative du département.
Vous nous faites l’honneur d’être à nos côtés au moment où débute l’année 2013 et je veux d’abord vous présenter nos vœux les plus sincères de bonne et heureuse année, pour vous et vos proches.
Depuis un an et demi, mon épouse et moi avons appris à découvrir la Dordogne et son identité. Celle-ci s’incarne dans la beauté de ses paysages, dans la richesse de son patrimoine bâti, dans la réputation de son agriculture, dans la vitalité de certaines de ses entreprises et dans un rayonnement international que va encore renforcer l’exposition de Lascaux 3 aux États-Unis.
Depuis un an et demi, nous avons aussi appris à aimer la Dordogne. Notre département a beaucoup d’atouts disais-je, mais il se caractérise surtout par l’état d’esprit des Périgordins. J’avais lu avant de m’installer en Dordogne que le Périgordin était avant tout un homme courageux, adroit, accueillant et hospitalier, mais que ce n’était pas toujours un homme facile. Je vous le confirme aujourd’hui, le Périgordin est bien un homme de caractère et l’amour qu’il porte à sa terre et à la chose publique le rend particulièrement attachant.
Je vous remercie pour l’accueil que vous m’avez réservé à chacune de nos rencontres sur le terrain.
J’apprécie la qualité des relations que j’ai pu nouer avec chacun d’entre vous.
J’ai pu constater combien vous vous investissiez au quotidien pour accompagner et défendre les intérêts de notre département.
J’espère que vous avez pu trouver en moi, en chacun des membres du corps préfectoral et en chacun des chefs de service de l’État des partenaires attentifs à vos projets et à vos préoccupations.
C’est en tout cas le sens de mon engagement à vos côtés depuis un an et demi, tant je reste persuadé que nous nous rejoignons tous dans cette nécessité de concrétiser résultats à court terme et politiques structurantes pour l’avenir de notre territoire.
Nous sommes confrontés à des enjeux pour lesquels nous ne pouvons trouver des solutions qu’ensemble. C’est pour cela qu’il nous appartient de faire vivre une relation forte et constructive entre l’État et tous les acteurs du département, dans ce respect mutuel qui doit être la pierre angulaire de notre dialogue.
Et cet état d’esprit, je pense l’avoir trouvé ici en Dordogne, c’est en tout cas ma conviction, Monsieur le Président du Conseil Général.
L’histoire de notre pays est celle d’une société où l’État occupe une place centrale et même si l’État, comme l’administration qui le sert, sont aujourd’hui remis en cause par des mutations profondes, je pense à la globalisation, à l’intégration européenne, à la dévolution interne des pouvoirs qui redessinent notre conception de la puissance publique et du rôle de l’État, cet État reste plus que jamais nécessaire et attendu.
Nous avons en effet besoin d’État pour exprimer et mettre en œuvre une volonté nationale et l’intérêt général. Nous avons besoin d’État pour exprimer et faire vivre la cohésion sociale et territoriale, car il n’y a pas de solidarité plus profonde que dans le cadre national.
Mais l’État ne peut non plus être l’unique solution à toutes les difficultés. Tous les autres acteurs publics, au premier rang desquels les collectivités territoriales, toutes les forces de la société civile doivent être parties prenantes.
La compétitivité de notre économie, dont on parle beaucoup à raison, repose sur la qualité du savoir-faire, sur l’innovation, sur l’intelligence des entreprises, mais également sur l’implication des territoires et ce sont, il faut le rappeler, les collectivités locales qui, aujourd’hui, réalisent, bâtissent, équipent le pays, puisqu’elles sont à l’origine de 70 % de l’investissement public. Ce sont les collectivités locales qui permettent aux politiques publiques décidées par l’État d’être traduites dans la réalité.
Sans les collectivités locales, pas de logements sociaux, sans les collectivités locales, pas d’emplois d’avenir, sans les collectivités locales, pas de solidarité, pas d’action économique.
Voilà pourquoi, nous avons besoin d’une relation forte entre l’État et les territoires.
Au moment où le temps est venu d’écrire une nouvelle page nécessaire de la décentralisation, il nous faudra donc l’appréhender sous l’angle de la confiance, de la clarté, de la cohérence et de la démocratie.
C’est le mot d’ordre que le Président de la République a adressé aux élus lors des États généraux de la démocratie territoriale le 5 octobre 2012.
La décentralisation, c’est une chance et non une position de principe. Elle va permettre à l’État de se réformer, aux territoires de se mobiliser et aux citoyens de s’impliquer.
Soyez assurés de mon total engagement dans ce défi à l’échelle de notre département.
En 2013, l’État en Dordogne se mobilisera au sein du pacte social, de l’aménagement du territoire et de la sécurité.
Le pacte social
Il est en effet essentiel de mettre les périgordins, notamment ceux les plus en difficultés, au cœur de nos préoccupations.
La première préoccupation sera celle de l’emploi. 2012 n’aura pas été une bonne année pour notre économie, nos entreprises et nos emplois.
Le chômage a progressé, son taux est passé de 9,8 % fin 2010 à 11 % en 2012. Le nombre de demandeurs d’emplois a cru de 8,9 % en un an, toutes catégories confondues, pour atteindre le nombre de 29 800.
Dans cette situation difficile, nous nous sommes mobilisés avec les collectivités publiques, dont le Conseil général au premier plan, au sein des services publics de l’emploi local animés par les sous-préfets d’arrondissement.
C’est dans ce cadre que plus de 3 000 CAE et près de 300 CIE ont été prescrits par les services de Pôle Emploi, par le Conseil général (pour les bénéficiaires du RSARevenu de solidarité active) et par les missions locales pour les jeunes.
Cette mobilisation essentielle représente 14 millions d’euros.
Pour autant, cela n’est pas suffisant pour gagner la bataille pour l’emploi qui sera donc la première priorité de cette année 2013.
Nous nous appuierons sur les emplois d’avenir - nous bénéficions d’un potentiel de 587 emplois en Dordogne -, sur les contrats de génération et sur le prochain contrat de sécurisation de l’emploi qui fait l’objet de négociations au moment où je vous parle.
La bataille pour l’emploi exige aussi de renforcer notre économie locale.
C’est le sens du pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi adopté par le gouvernement le 6 novembre dernier.
Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi est d’ores et déjà mis en œuvre et le dispositif d’aide aux PMEPetites et moyennes entreprises confrontées à des difficultés de trésorerie est opérationnel depuis la création de la banque publique d’investissement et le renouvellement de la mobilisation de la Caisse de Dépôts et Consignations à cet effet.
Le redressement productif, le redressement économique de notre département, la compétitivité de nos entreprises feront donc l’objet de toute notre mobilisation. C’est à ce prix que nous gagnerons la bataille pour l’emploi, car nous n’avons pas d’autre choix que de la gagner.
Le deuxième point au cœur de notre pacte social est le sujet du logement.
La priorité doit être donnée au logement : c’est tout le sens de l’action pour ceux qui sont dans la précarité que nous avons menée en 2012 et que nous continuerons à développer en 2013.
Notre politique en faveur du logement concernera aussi bien sûr le logement pérenne avec le travail de fond mené avec vous, Monsieur le Président du Conseil Général, en faveur de la construction. Le renouvellement de la convention d’aide à la pierre que nous venons de signer en est l’illustration.
Le pacte social consistera enfin à placer la jeunesse au cœur de nos préoccupations, car c’est la préparation de l’avenir qu’il s’agit d’assurer.
Le projet de loi de refondation de l’école de la République sera présenté au conseil des ministres du 23 janvier.
La réforme sera mise en œuvre dès la rentrée prochaine avec celle des rythmes scolaires pour laquelle le Gouvernement a mis en place un fond d’amorçage de 250 millions d’euros afin d’accompagner dans la réforme un maximum de communes dès 2013. Je me tiens dès à présent, avec la Directrice académique des services de l’Éducation nationale, à la disposition des collectivités pour appréhender les modalités de leur engagement dans le dispositif.
Le deuxième volet de notre engagement concernera l’aménagement du territoire et le partenariat avec les collectivités territoriales : il s’agit pour moi d’un aspect essentiel de ma mission.
L’aménagement et le développement du territoire sont des sujets complexes, car ils nécessitent de concilier des préoccupations variées et parfois contraires. Ils nécessitent de faire prévaloir l’intérêt général au-delà des intérêts particuliers.
Développement économique, infrastructures de transport, agriculture, environnement, urbanisation, logement, organisation sociale et administrative, autant d’éléments que les acteurs publics que vous êtes et que nous sommes doivent prendre en compte.
Cette diversité rend nos échanges, sous le contrôle de la loi, indispensables et fructueux. L’approche concertée des choses sera toujours la règle pour le représentant de l’État que je suis.
Vous m’avez, Monsieur le Président du Conseil Général, maintes fois interpellé sur l’excès de normes. D’autres, les chefs d’entreprise par exemple, l’ont fait également.
Dans son discours aux corps constitués, le chef de l’État a souligné la nécessité de simplifier en rappelant que « simplifier, cela veut dire faire simple… »
Notre pays accumule les textes : 2 000 lois et 26 000 décrets depuis 10 ans, 16 000 pages de circulaires par an.
Un certain nombre de normes sera réduit, en particulier pour le droit de l’environnement et de l’urbanisme.
100 commissions dont l’utilité n’est pas démontrée seront supprimées en 2013, soit 15 % du total.
Simplifier, nous ordonne le Président de la République, doit être considéré pour les agents publics non pas comme une contrainte nouvelle, mais comme une valeur positive, comme un gage de clarté, comme une condition de l’efficacité dans un État moderne qui s’adapte aux circonstances.
Alors en 2013, il faudra avoir une vision stratégique partagée de notre aménagement du territoire, le développement des schémas de cohérence territoriale (SCOT) et des plans locaux d’urbanisme intercommunaux (PLUI) doivent y contribuer.
Cet aménagement du territoire repose d’abord sur notre capacité à mettre à disposition des Périgordins des infrastructures de transport performantes.
La desserte ferroviaire de Périgueux et de Bergerac, les aéroports de Bergerac et de Périgueux, le grand projet EURO 21 et l’amélioration et la sécurisation de la RN 21 feront l’objet de toute notre attention en 2013, comme en 2012. Je vous remercie, Monsieur le Président du Conseil Général, de votre engagement aux côtés de l’État depuis votre signature du plan de développement et de modernisation des itinéraires routiers avec le Préfet de Région.
L’aménagement du territoire reposera aussi sur notre capacité à faire émerger et à soutenir les grands projets tels celui de LASCAUX 4 qui a beaucoup fait parler en fin d’année 2012.
L’engagement de l’État a été réaffirmé par la Ministre de la Culture et vous avez convenu, Monsieur le Président du Conseil Général, de réunir avec le Préfet de Région le comité de pilotage en février prochain.
Il s’agira pour nous de boucler le plan de financement par la mobilisation des fonds européens notamment et de tenir le calendrier prévu.
Nous avons aussi su mobiliser en 2012 plus de 10 millions d’euros pour financer 150 projets plus modestes.
À cela s’ajoutent près de 5 millions d’euros de fonds européens orientés vers l’innovation, la compétitivité et le développement durable.
Il nous faudra continuer en 2013 et nous inscrire dans la stratégie d’investissements voulue par le Président de la République pour couvrir à l’horizon de 2020 l’ensemble des enjeux essentiels pour notre pays et notre département : je pense aux infrastructures numériques, aux hôpitaux, à l’accès sur l’ensemble du territoire, sans obstacles financiers, à des actions de prévention et des soins de qualité, au financement de la transition énergétique et de la rénovation thermique, aux infrastructures de transport, au logement.
À ce stade de mon intervention, je n’occulte pas les problèmes qui touchent les collectivités locales, les organismes publics et les entreprises pour accéder au crédit bancaire et conduire leurs projets.
Je me suis préoccupé avec vous de cette situation de risque de blocage des projets qui pouvait conduire à court terme à impacter négativement les entreprises.
Nous avons pu régler nombre de situations dans le cadre du comité de suivi du financement de l’économie, et je veux en remercier tous les acteurs au premier rang desquels, le Président de l’Union des Maires, M. Jacques MONMARSON.
La décision de création de la Banque postale et de l’agence de financement des collectivités locales doit nous permettre d’appréhender plus sereinement les choses en 2013.
Je souhaite enfin vous dire que je ferai tout pour soutenir la compétitivité de nos entreprises agricoles, il en va de leur survie.
2012 a encore été une année difficile à cause notamment des calamités agricoles.
Enfin, le chantier de l’intercommunalité sera encore un sujet en 2013 comme ce le fut en 2011 et 2012. Nous sommes rentrés dans la phase de mise en œuvre avec la 1ère vague qui est entrée en vigueur le 1er janvier dernier et la 2ème vague qui le sera le 1er janvier 2014.
Je continuerai en 2013 comme en 2012 et 2011 à travailler dans un esprit d’écoute et de concertation.
Mon dernier engagement porte sur la sécurité
Assurer la sécurité de nos concitoyens est le premier des devoirs de l’État et de son représentant, le Préfet, en étroite collaboration avec les autorités judiciaires.
J’aurai l’occasion de présenter le bilan de notre action en matière de lutte contre la délinquance et l’insécurité routière dans quelques jours.
Le nombre de morts sur nos routes a augmenté en 2012, il nous faudra redoubler de vigilance et surtout sensibiliser nos concitoyens sur le devoir de sécurité qui est le leur lorsqu’ils prennent le volant.
En matière de protection civile, je continue de me réjouir, Monsieur le Président du Conseil Général, de l’excellente coopération qui existe entre votre équipe animée par le Président du SDISService départemental d'incendie et de secours, M. MÉRILLOU, et celle de l’État.
Je veux donc rendre hommage aux policiers, aux gendarmes et aux sapeurs-pompiers pour leur professionnalisme et leur courage.
Ils ont été en première ligne pour assurer la sécurité des Périgordins tout au long de l’année 2012, et particulièrement lors des fêtes de fin d’année. C’est à leur engagement que nous devons de vivre dans un des départements les plus sûrs de France.
Je vous demande d’avoir pour eux toute la considération et le respect qu’ils méritent et de les applaudir très fort en fin de discours.
En ce début d’année 2013, c’est donc sous le signe du consensus que nous devons aborder ce semestre décisif pour l’avenir de notre pays.
Nous sommes au milieu d’une crise profonde comme tout le monde le sait. Notre économie est affaiblie, des emplois ont été perdus, des entreprises ont disparu, la dette de la France est devenue insupportable.
Il ne s’agit pas de dissimuler les difficultés qui nous attendent. Elles sont sérieuses, elles ne seront surmontées ni facilement, ni rapidement.
Mais sachez, Mesdames et Messieurs, qu’elles le seront.
La zone euro a été sauvegardée et l’Europe a déjà mis en place les instruments de stabilité et de croissance qui lui manquaient.
Notre confiance doit maintenant être dans la France.
Nous connaissons le talent de nos entrepreneurs, comme de nos salariés.
Nous devons faire en sorte que notre pays avance et que notre jeunesse retrouve espoir.
Où que nous regardions, il y a du travail à faire. Mais nous pouvons le faire et nous le ferons en laissant derrière nous les querelles inutiles.
Nous sommes rassemblés ce soir en Préfecture pour réaffirmer que l’espérance triomphe toujours sur la crainte et que notre détermination à engager la Dordogne dans un avenir heureux et prospère est totale.
Soyez assurés de mon engagement à vos côtés en ce sens. En attendant, je vous propose de vous ressourcer dans un cadre que j’espère le plus convivial.
Très bonne année 2013 à tous.