Discours 2014

Cérémonie de commémoration de la Victoire du 8 mai 1945

 
 
Photo pref SDCI FM

8/05/2014

69ème anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945

 

Périgueux, le 8 mai 2014

 

Allocution de M. Jacques BILLANT, préfet de la Dordogne

8 mai 1945 : ce jour-là prenait fin en Europe la guerre la plus meurtrière de l’histoire de l’humanité. Plus de cinquante millions de femmes et d’hommes, dont la moitié de civils, avaient péri au cours de ce conflit mondial.

8 mai 1945 : Le Général de Lattre de Tassigny signait, au nom de la France, à Berlin, la capitulation de l’Allemagne nazie. La France était ainsi à Berlin, effaçant la défaite de 1940 et l’esprit collaborationniste. Dès le 18 juin 1940, la République avait dit son refus et sa volonté d’agir pour permettre à la France de retrouver sa place au sein des grandes nations, afin de porter son message universel et humaniste de Liberté, d’égalité et de Fraternité.

8 mai 1945 : ce jour-là rayonnait donc de la victoire des valeurs humanistes et démocratiques sur une idéologie raciste et criminelle, grâce à ces femmes et à ces hommes qui ont accepté que leur destin individuel s’efface devant le destin collectif de la France.

Rappelons-nous à ce titre ces mots gravés dans la pierre :

-     au Mémorial de Caen : la douleur m’a brisé, la fraternité m’a relevé, de ma blessure a jailli un fleuve de liberté.

-     à Colombey-les-Deux-Églises : il existe un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde.

Rappelons-nous également ces paroles du Général de Lattre de Tassigny dans son ordre du jour n°9 : vous avez par vos efforts, votre ferveur, votre héroïsme rendu à la Patrie son rang et sa grandeur.

8 mai 2014 : nous venons de nous recueillir devant le monument aux morts de Périgueux et de rendre hommage à ses enfants morts pour la France.

Cette cérémonie empreinte d’émotion doit nous faire réfléchir à nouveau au sens des mots Patrie, Honneur et Héroïsme et à leurs liens.

La Patrie nous enjoint de cultiver cette solidarité vis-à-vis de ce qu’on a défendu dans le passé et de ce qu’on devra défendre dans l’avenir. Les Combattants, les Résistants que nous honorons aujourd’hui nous ont montré que chacun doit trouver dans l’honneur et l’héroïsme son engagement personnel dans la cause collective.

L’honneur, car souvent dans la vie et particulièrement dans les heures graves, le doute ou l’hésitation se glissent dans les esprits. Il n’y a qu’une façon de voir clair et de rester irréprochable : penser et agir comme l’honneur le commande.

L’héroïsme doit être compris comme la volonté de pousser le sens du devoir jusqu’au sacrifice suprême et de faire don de sa vie pour le triomphe de la cause juste, le respect de ses engagements personnels et la défense de la Patrie, de la Liberté, de la Dignité, de l’Honneur.

Il nous faut donc retenir l’essentiel de cette cérémonie, à savoir la manifestation de la solidarité durable qui unit les femmes et les hommes prêts à servir, c’est-à-dire non seulement un héritage, mais une promesse. La promesse faite le lendemain de la Victoire de construire une Europe libre, unie, solidaire, rassemblée.

Victor Hugo écrivait : « Il faut allumer les grandes dates comme on allume les flambeaux ». Il nous appartient aujourd’hui d’entretenir celui du 8 mai.

Notre rassemblement d’aujourd’hui s’enracine ainsi profondément dans notre histoire : il est l’expression de notre vigilance du présent face aux tentatives de révision du passé, contre l’intolérance et le fanatisme, il est l’expression de notre vigilance pour la paix, le respect de la personne humaine et des droits des peuples.

8 mai : fête de la Victoire, fête de la Paix.

Les leçons de l’histoire sont nombreuses et nous savons bien que la paix n’est pas seulement un état de fait caractérisant les relations internationales. La paix est la traduction d’un effort permanent de chacun des hommes pour que disparaissent la haine, les conflits et les morts qu’ils entraînent.

Il nous appartient donc aujourd’hui d’entretenir le flambeau du 8 mai et de le donner à notre tour aux futures générations pour que se cultive encore et toujours l’idée que la liberté et la paix sont des valeurs fragiles toujours susceptibles d’être remises en cause par la folie des hommes.

Il appartiendra à la jeunesse, à son tour, de veiller sur elles. Plus que jamais, c’est bien dans la mémoire qu’il faut puiser pour préparer l’avenir.

Dans cet esprit, permettez-moi de citer quelques mots du Préfet Marcel BLANC, ancien combattant volontaire de la Résistance. Je cite « la mémoire est éducative, elle apprend que les droits de l’homme imposent les devoirs du citoyen. Elle rappelle que la liberté s’arrête là où celle d’autrui commence. Et surtout, la mémoire enseigne que la démocratie, à l’inverse des privilèges, se mérite ».

La mémoire est donc un exceptionnel outil de travail citoyen. Soyons tous de travailleurs de mémoire et puisse la lumière du 8 mai 1945 éclairer encore longtemps notre route vers un avenir de paix et de liberté.